3) L'intérêt de certaines passions

 

La musique

Certains types de musique ont un effet bénéfique sur la mémoire puisqu'ils activent à la fois la moitié droite du cerveau qui est communément stimulée par n'importe quel type de musique et la moitié gauche qui est stimulée lors d'un apprentissage. Les musiques qui produisent cet effet sont celles de Mozart, qui sont à l'origine de « l'effet Mozart », et les musiques baroques avec un tempo de 60 battements à la minute.

Mozart

Les chercheurs William Balach, Lauri Mohler et Kelly Bowman de l'université d'Etat de Pennsylvanie ont démontré que si le genre de musique pendant l'apprentissage et celui pendant la restitution est différent, le résultat reste le même que si le genre n'avait pas changé. Néanmoins lorsque l'on modifie le tempo utilisé lors de l'apprentissage, alors le rappel des connaissances apprises est moins bon que si le tempo n'avait pas changé.                                                    

Certaines études réalisées dans le Centre de Nouvelles Découvertes en Apprentissage situé au États Unis ont démontré que le potentiel d'apprentissage pouvait être amplifié d'au minimum cinq fois en écoutant des musiques présentant 60 battements à la minutes.

Les exemples les plus probants de cette efficacité sont :

  • Dans la Grèce antique, afin de mieux retenir leur drames, les grecs les chantaient.

  • Le réputé Dr George Lozanov, un psychologue bulgare, a prouvé qu'une langue étrangère pouvait être apprise en un seul mois avec 85-100% d'efficacité grâce à la musique baroque. En effet, sa méthode permet à ses élèves d'assimiler la moitié des expressions et du vocabulaire censé être appris en une année scolaire, en un seul jour. Ainsi, il a crée une nouvelle méthode d'apprentissage appelé la suggéstopédie, et qui comprend d'autres facteurs que la musique pour améliorer la mémorisation des langues. De plus grâce à cette méthode, les étudiants se souviennent de presque 100% de ce qu'il ont apprit, quatre ans après avoir suivi ce procédé. Cependant nous ne développerons pas la notion de suggéstopédie puisqu'elle n'est utile que pour un domaine précis qui est l'apprentissage des langues et ne peut être utilisé dans d'autres cas.

  • En 1982, afin de mettre en évidence l'effet favorables de la musique sur les capacités de mémorisation, des chercheurs de l'Université de Texas Nord ont testé des volontaires sur leur capacité de mémorisation de mots de vocabulaire. Ces personnes ont été divisées en trois groupes et soumis à trois épreuves, un test préalable, un post-test et une épreuve. Le premier groupe a du lire les mots en les visualisant et en écoutant la musique de Handel, Water music. Le second groupe a également lu les mots en écoutant la même musique, mais cette fois ci sans les imaginer. Le dernier groupe a quant à lui lu les mots sans écouter de musique et sans visualiser ces mots. Lors des deux premiers tests, le premier et le deuxième groupe ont présenté de meilleurs résultats de mémorisation des mots que le troisième. Ainsi, on peut conclure que la musique suffit à améliorer les performances de la mémoire, cependant lors du dernier test, effectué une semaine après que les sujets aient du retenir les mots, le groupe un est celui qui a le mieux réussi à les mémoriser. Ainsi, la seule écoute de musique classique ou baroque lors d'un apprentissage n'est pas suffisante, même si elle permet une meilleur restitution des mots mémorisés, lorsque le rappel se fait avec la même musique que celle écoutée lors de l'apprentissage. Pour optimiser d'avantage ses capacités de mémorisation quand on écoute de la musique, on peut également visualiser les mots que l'on souhaite retenir.

     

Les prodiges de la mémoire

Les champions de la mémoire ont depuis longtemps fasciné les savants et le grand public par leurs incroyables prouesses. En effet, certains sont capables de mémoriser en quelques minutes ou secondes, des jeux de cartes, des centaine de chiffres, de noms ou de symboles. Certains joueurs d'échec peuvent avoir à l'esprit jusqu'à 40000 situations différentes, certains musiciens sont capables de retenir des millier de partitions, etc...

Parmi ces génies, plus de la moities sont autistes et les scientifiques les appellent « autistes de haut niveau ». Ces personnes sont nés avec ce « don » de mémorisation; néanmoins d'autres individus présentent également ces facultés sans posséder de « don » à proprement parler, mais se sont durement entrainés. Cependant nous ne traiterons pas du sujet des autistes de haut niveau étant donné qu'à l'heure actuelle, les scientifiques ne comprennent pas suffisamment ce phénomène. De plus les autistes n'ont pas besoin de s'entrainer pour améliorer leur capacités de mémorisation; ils possède déjà ces facultés hors du commun, ce qui s'éloigne de notre sujet qui cherche à montrer comment nos capacités de mémorisation peuvent être amplifiées.

Il existe des personnes dotées de facultés de mémorisation de nombres très grands et de calculs mentaux très complexes. Ces individus sont appelés « calculateurs prodiges ».

Le plus connu d'entre eux est surement l'allemand Rüdiger Gamm qui a fait plusieurs apparitions dans des show télévisés. Il est capable de résoudre mentalement des calculs tels que 62 divisé par 167 et de trouver le résultat avec trente chiffres après la virgule.

Rüdiger Gamm

Rüdiger Gamm

 

Cependant, les scientifiques s'accordent à dire qu'il n'est pas obligatoirement un génie, mais qu'il se sert différemment de son cerveau. En effet, lorsqu'un individu lambda résout une opération arithmétique simple, telle qu'une multiplication, il fait appel à sa mémoire à long terme, c'est celle qui contient les tables de multiplication que l'on a apprises. Mais, lorsqu'il est question d'un calcul plus complexe tel que le produit de deux nombres à deux chiffres, notre cerveau fait appel à des capacités de résolution qui permettent d'appliquer une règle et à la mémoire à court terme ou mémoire de travail qui est capable de retenir les résultats intermédiaires.

Quant aux calculateurs prodiges, ils ont recours à leur mémoire épisodique pour résoudre ces opérations complexes. La mémoire épisodique correspond à la mémoire à long terme qui permet de retenir des événements personnels vécus. Ainsi au lieu de résoudre le calcul étape par étape, en mémorisant chaque résultat intermédiaire dans la mémoire à court terme afin de le réutiliser par la suite pour trouver la solution final. Le prodige trouve le résultat dans sa mémoire à long terme.

En effet, il élabore et mémorise des séries d'algorithmes pour la résolution de sinus, de puissances 15, de produits de grands nombres ou encore de racine Xième. Cette mémorisation ne se fait pas toute seule, et les calculateurs prodiges ont souvent besoin de plusieurs heures d'entrainement par jour, ces exercices sont pour eux une passion.

 

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